L’audio-visuel : Technique, Art et Pédagogie.

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amef6 mars 2017Dernière mise à jour :Il y a 3 ans
L’audio-visuel : Technique, Art et Pédagogie.

Nous avons jugé utile de republier le compte rendu d’un séminaire organisé par l’AMEF, section d’Agadir, le 24/03/96 autour du thème :  » L’audio-visuel :  Technique, Art et Pédagogie « .

Compte rendu

Cette journée de formation et de sensibilisation en matière d’audio-visuel a été abritée par la Fondation de la Banque Populaire. Le séminaire s’est ouvert par l’intervention de Monsieur Lahcen Nachef, Secrétaire Général qui a donné un bref aperçu sur l’AMEF (à l’échelon national) et sur ses activités depuis sa création en 1971. 

A son tour le coordinateur du C.R. a présenté à l’assistance l’activité et les différents animateurs qui ont eu l’amabilité de répondre à l’invitation, équipés de leur matériel, malgré leur travail surchargé durant toute la semaine. Leur abnégation et leur dévouement pour leur métier et pour leur mission d’éducateur sont à souligner et à saluer.

Après cette séance plénière, les participants regagnent, chacun selon son choix et ses attentes, l’un des cinq ateliers dirigés par les animateurs suivants :

1. MARC ETC (artiste de l’image et du son, Montreuil, France)  » Analyse et Conception d’Images « 
2. Brahim EL MAZNED (animateur culturel à l’IFA) 
 » Initiation aux techniques de prise de vue et de raccord « 
3. Abdellah DARI (E.N.C.G.) 
 » Tournage et montage Vidéo « 
4. Lahcen MOUSSAOUI (CRAV,Cellule Régionale de l’audio-visuel ) et Med Ali NAJIH (C.D.P. ,Centre de documentation Pédagogique) 
 » Analyse et Conception textuelle : Quelles implications pédagogiques ? « 
5. Khalid BAHANE (Animateur d’atelier Cinéma au Lycée Hassan Al Khayat) 
 » Analyse et technique pédagogique « 

Cette idée d’ateliers a été fort appréciée par l’ensemble des participants qui ont eu l’occasion de se familiariser de façon plus concrète et plus pratique avec la manipulation d’une variété de matériel audio-visuel (camescope, magnétoscope…)

Des explications, des consignes et conseils concernant l’utilisation et l’exploitation à visée pédagogique ont été savamment présentes aux séminaristes par les différents animateurs.

 La séance de l’aprés-midi a été marquée essentiellement par la Conférence-Débat animée par MARC ETC concepteur de création Vidéo qui a effectué un séjour de création à l’IFA-AFM. Il vient de rentrer en France après avoir dirigé plusieurs ateliers de création vidéo dans et hors de l’IFA.

 Après s’être présenté et donné un aperçu sur sa conception de l’image comme art et des différentes possibilités artistiques de la création vidéo, il propose à l’assistance de voir une de ses dernières créations :  » Plans sur la comète « . S’en est suivi un large débat autour de cette production qui a intrigué plus d’un. L’animateur s’en est aperçu et a expliqué  cette réticence par un certain manque d’une culture de l’image en essayant de montrer de façon plus subtile tout l’intérêt que la découverte et la création de l’art vidéo peuvent susciter aussi bien chez les enseignants que chez les apprenants. Tout en ne croyant pas à  » une pédagogie de l’image « , le conférencier n’exclut pas la possibilité de tenter de faire ce genre d’expérience avec les élèves en ayant la convection que les horizons de l’imagination des enfants sont insondables. Les séminaristes ont certainement tiré profit de cette expérience.

 Said DHAIBI.

 Présentation de l’activité

 Il a été rappelé aux présents l’importance des médias et de leur intégration au processus de l’apprentissage. Cet intérêt accordé à l’audio-visuel est d’autant plus important que l’image envahit de plus en plus tous les foyers; d’où la nécessité pour l’école de prendre en charge l’élève et de l’orienter afin d’échapper à l’emprise des mass-média pour faire de lui un consommateur actif de l’image.
 Par ailleurs, l’assistance a été mise au fait de la résolution du MEN à intégrer l’audio-visuel dans le système éducatif en créant des cellules audio-visuelles régionales dans 6 délégations dont la D.P. Agadir – Idaoutanane. 
 Pour toutes ces raisons, l’AMEF a choisi l’audio-visuel pour thème du présent séminaire. Les organisateurs n’auront point la prétention de former des spécialistes en audio-visuel. Ils se sont fixés pour objectif essentiellement de sensibiliser les collègues enseignants à ce nouvel outil pédagogique en les mettant en goût. Ainsi tous les ateliers ont prévu un moment d’initiation à la technique ( Branchement, mise en marche, différentes étapes de réalisation d’un document vidéo, quelques éléments de l’expression filmique, précaution à prendre …). Néanmoins, étant donné la diversité des compétences, certains animateurs sont allés plus loin pour aborder les questions de montage, de mixage ou même d’art vidéo. Enfin, dans tous les ateliers, il a été procédé à l’analyse de documents pédagogiques.

 Lahcen NACHEF

 Travaux d’ateliers

 ATELIER 1 :  » Analyse et Conception d’images « 

Animateur : MARC ETC
Participants : EL OUASSAI Lahcen, EL MAFTOUHI Amina, AL QADIRI Essaadia, ASSENDAL Med, HILAL Abdellah.

L’atelier a commencé par la vision d’un document intitulé :  » L’ÎLE ÉTAIT UNE FOIS « , un document d’une durée de 10 minutes qui s’adresse aux élèves du primaire et dont le thème est l’ÎLE. Il fait l’économie des mots; on n’y trouve ni sous-titre, ni acteur ni voix off, le message passe uniquement par le biais du son et de l’image.

I. Analyse

L’analyse du document est axée sur la construction de celui-ci et sur la logique des transitions. A ce titre, plusieurs notions ont été abordées : 
* Le thème formel du cercle prévaut dans le document et correspond à l’image de l’île. Il s’agit de trouver des prétextes formels pour faire un choix d’images.
* Le passage du temps est souligné par le procédé du  » fondu enchaîné  » c’est à dire la substitution progressive d’une image à l’autre. Les résultats désirés sont obtenus grâce aux effets du flou et aux mouvements des cadres.
* Raccord ou manière d’enchaînement de deux plans d’un film.

II . La fabrication de l’image

Un tel travail nécessite le passage par plusieurs étapes et l’utilisation de quatre fiches :
* Le Story – Board : pour remplir cette fiche on commence par chercher des idées puis on regarde les images qui existent ensuite on porte dans la case le numéro du plan qui nous intéresse.
* La feuille du script: sur cette feuille doivent figurer toutes les prises et tous les détails de ce qui est filmé. Cela aide à trouver des raccords.
* La feuille programme: on y trouve les noms des acteurs qui doivent être présents.
* La feuille de montage: sur cette feuille tous les plans sélectionnés sont notés.
* Autorisation: l’obtention d’une autorisation est nécéssaire avant tout tournage.

ATELIER 2 :  » Initiation aux techniques de prise de vue et de raccord  « 

Animateur : Brahim EL MAZNED
Participants : HARIT Khaddouja, SABRI Latifa, MOUHIBE Ahmed, CHOUKRI Al Mostapha, AMARIR Ali

L’animateur a présenté quelques règles classiques de la vidéo. Comment faire pour filmer, avoir une image claire et nette. Il a pu donner les règles principales pour :
* manipuler une camera,
* faire différentes lectures,
* faire la mise au point,
* filmer les différents plans,
* régler le zoom : trois types de réglage (manuel, automatique, portrait )

 Il a également expliqué la question du réglage des couleurs. Il a ensuite beaucoup insisté sur une phase très importante et sur laquelle peut reposer toute la réussite du travail; c’est le branchement du caméscope. La moindre petite négligence peut s’avérer fatale. Il a montré que la mise au point de la caméra avant de filmer ne manque pas d’importance. Enfin, à l’aide d’exemples, il a expliqué les différents plans : plan américain, plan italien, portrait.

ATELIER 3 : « Tournage et montage vidéo »

Animateur : Abdellah DARI
Participants : Aziz ABDELLAH, CHAJAI, CHAMSSI, OUBELKASSEM, DERRAS, KHOUBBANE.

L’animateur a d’abord fait quelques rappels concernant les notions théoriques sur le langage vidéo de base : plan, mouvements de la caméra, cadrage, raccords … Ensuite, il a abordé l’enregistrement du son et de l’image ainsi que la technique de montage à partir de deux magnétoscopes raccordés entre eux. Un document a été visionné, il s’agit d’une bande comportant des illustrations pratiques des notions vues lors de l’approche théorique du langage vidéo.

ATELIER 4 :  » Analyse et conception textuelle : Quelles implications pédagogiques ?  « 

Animateurs : Mohammed Ali NAJIH et Lahcen MOUSSAOUI
Participants : SKIKA Mahjouba, LOUTFI Fatima, HAFID Fatima, BENNAOUI Fatima, MAATALLA Aicha, AKCHOUM Med, BAYA Kaltouma, ID ELQADI Hassan, CHAFIKI Abdellah, JEBBOUR Rachid, NGOU Naima, BOUKRIDIRA Saadia, OUJAA Abdellah, MAASSAU Yasmine.

Une grande partie du temps imparti à la séance a été consacrée à la manipulation du caméscope et à l’étude des différents plans réalisés par les 14 participants qui se sont relayés pour tourner.
Faute de temps, la conception textuelle n’a pu être abordée vu l’engouement de l’assistance pour la pratique filmique.
Grâce à un texte du manuel de la 9ème A.F., page 156, un document audio-visuel a été réalisé par la CRAV. Il s’agit, en somme, de montrer qu’à partir des manuels actuellement en vigueur on peut glaner des informations susceptibles d’être exploitées adéquatement par le biais de l’audio-visuel dans le strict respect des objectifs arrêtés par les recommandations pédagogiques.
De nos jours, les langues sont  » audio-visualisées  » : Une grande part de la communication sociale est diffusée par des supports qui relient le TEXTE ET L’IMAGE.

 

ATELIER 5 :  » Exploitation pédagogique de document audio-visuel : analyse technique et pédagogique « 

Animateur : KHALID BAHANE 
Participants : Omar MEHHA, Lahoucine EL ABIDI, Ahmed JABIONE, Ismail AIT BOUI, Jamal BALOUBALI, Oum El Ghait BELKZIZ, Said IDTALEB. 

Initiation pour les uns et rappel pour les autres des composantes d’une image : le son, les couleurs et leurs connotations. Le plan et ses différents types en fonction de la prise de vue : le plan général ou panoramique, le plan d’ensemble, le plan de demi-ensemble, le plan moyen, le plan américain, le plan rapproché, le gros plan. Pour la prise de vue, il est question de l’angle de prise de vue: normal, plongée, contre-plongée.

 Pourquoi l’audio-visuel ? 
L’audiovisuel véhicule un (des) message(s). Donc il comporte un texte ne serait-ce qu’un slogan associé à une image faite de signes principalement iconiques.
Il est primordial de s’initier à la lecture, à la compréhension et l’interprétation exacte d’un message audio-visuel et par conséquent d’une image. Pour ce faire, il s’avère nécessaire de connaître les techniques cinématographiques citées supra.
L’image est donc un moyen d’expression et peut donner lieu à différentes formes d’exploitation pédagogique suivant le(s) but(s) et les motivations de l’enseignant. 

 

Penser l’image

 Animateur : MARC ETC

Au cours de l’après-midi MARC ETC a animé une conférence-débat. Celle-ci a commencé par la projection d’une de ses oeuvres :  » Plans sur la comète   » réalisé à Agadir par MARC ETC et quelques élèves de différentes écoles. Ces derniers sont très ravis de faire de la vidéo.

MARC ETC part de l’idée suivante : penser par l’image veut dire économiser le langage (aller jusqu’à le supprimer). Faire comprendre par un langage simple des choses très compliquées. C’est presque un travail d’écrivain. Or le visuel est un langage très spécifique exigeant de la part de celui qui regarde une extrême sensibilité à ce qui est exposé et en même temps une rapidité et un art d’appréciation.

 » Plans sur la comète  » est une oeuvre d’une extrême délicatesse car elle utilise un langage poétique qui à certains égards frôle le surréalisme (La lune qui se transforme en ballon) et l’image a un pouvoir très puissant qui la rend différente de la lecture. L’oeuvre confirme l’idée que l’art vidéo n’a pas de limites. Par un simple geste on peut passer d’un lieu à un autre et créer du sens : le lieu d’invitation devient un lieu du travail. Ces éléments réunis donnent à cette oeuvre une certaine richesse de sens.

Cette production est suivie d’un large débat au cours duquel l’animateur s’est aperçu de la gène et du malaise des assistants. Il a expliqué cette réticence par une insuffisance au niveau de l’initiation à l’audio-visuel, ensuite il a essayé de montrer que la découverte et la création de l’art vidéo peuvent être intéressantes et pour les élèves et pour les enseignants. Il n’a pas manqué de souligner que celui qui regarde doit avoir un don artistique pour parvenir à comprendre et n’a pas du tout exclu la possibilité de recourir à ce genre d’expériences en classe car l’imagination fertile des enfants peut aboutir à des résultats surprenants. 

 

 
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